Messires à tout prix | Par Mohamed Hanefi

Messires à tout prix | Par Mohamed HanefiMohamed Hanefi – Pour une petite et misérable fois, parlons franchement de nous…et des autres. Parlons de l’esclavage, du racisme, du tribalisme, de l’argent, des nominations, du prix du gasoil, de l’anarchie de la circulation, de Messoud Ould Boulkheir, du prix du kilo de viande, de celui de l’arachide, de Mohamed Ould Abd Aziz, des partis politiques (machallah incomptables), de Dicko Hanoune, de Samba Thiam, de SOS esclave, de son Nelson Mandela Boubacar Ould Messoud. 

De Biram Ould Dah Abeid, des Oulad Leblad, de Saad ould Louleid. De Mohamed Ould Bouamatou, de Mohamed Salem le berger, de l‘ »ancien » du Sahara, qui vient de mourir. De Nana Toupac. De ceux qui ont été cités et de ceux, restés dans l’ombre de ma mémoire.

Mes frères! Supportez moi l’espace de quelques lignes pour vous étonner par une vérité en boites, que vos oreilles n’ont jamais entendue. Je suis le seul qui vous aime, sans convoitise. Ecoutez moi je vais vous faire pleurer, mais je suis mieux que ceux qui vous font rire.

Vous avez engagé le pays dans une tourmente, qui l’emporte vers les torrents impétueux d’une catastrophe certaine. Vous pouvez être chefs de ce que vous voulez, vous servir de ce que vous voulez, thésauriser le patrimoine, comme vous le voulez.

Mais rappelez-vous que vous trônez politiquement, économiquement, ou « propagandement », sur des êtres en chair et en os. Rappelez-vous que vos sorties nationales ou internationales, engagent le destin de millions de mauritaniens, qui n’ont d’autres puissance, que de vous regarder valser avec leur opinion, ou innover chaque jour, pour découvrir leur personnalité intime et leurs faiblesses au monde.

Si vous luttez contre l’esclavage, vous n’avez rien fait pour les esclaves. Au mieux, de temps en temps, l’un de vous a été hissé au sommet pour le transférer de l’état de « mécontent », vers le code de « maitre »  » ou de super satisfait ».
Puis retombe le silence. La cause entre alors, en hibernation et l’esclave reste esclave, jusqu’au prochain Spartacus, qui à son tour goute le miel sucré de l’objet de sa convoitise et à nouveau se rétablie le silence interstellaire d’une satisfaction mal acquise.

L’esclavage existe, pour les écartés, les exclus, et les « vaincus » de la « manigance » de l’influence. Il existe dans toutes les ethnies et revêt toutes les couleurs. Mais il existe d’abord et avant toute chose, pour exciter la verve des chasseurs de villas de voitures luxueuses, de voyages à l’étranger.

Il pèse sur les torses de chair à canon, pour les épopées électorales. Il est le leitmotiv de d’ostentation sur les tribunes internationales. Il est le locomoteur des coureurs derrière les femmes, aux mains et aux pieds teintés de henné. Il est l’outil efficace de manipulations éhontées de populations endormies, qui vont en Enfer, pensant aller au Paradis. La Mauritanie, dans un effroyable bombardement de salves échangées entre les gens du « haut », est fatiguée, meurtrie, pitoyable et anéantie en profondeur.

Un pays étalé partout, comme étant un apartheid, un antre de haine et un sanctuaire du racisme. Le mur le plus court, pardessus duquel saute tout journaliste, tout journaleux, tout aventurier et tout bon à rien, en mal de célébrité, ou en manque de fric.

Le gouvernement est plus occupé à signer « les protocoles d’accords avec le nord, le sud, les anges, les tribus, les intellectuels boulimiques, les flatteurs et Satan ». Il a pour priorité de nommer les candidats aux nominations. Ses yeux très importants, ne peuvent se rabaisser à jeter un coup d’œil vers le bas. Peut-être de peur de perdre une majesté durement acquise et qui reste effrayée par une triste réalité, qui l’entoure, fixant la gravité de sa négligence mortelle, comme l’œil de Caen.

Cette négligence est vivement exploité par les candidats anthropophages, qui guettent à l’affut, quelque faiblesse, du coté de l’autre coté opposé, pour ronger la carcasse à leur tour. Ils canardent le pays. Ils ouvrent le feu sur toute la nation, advienne que pourra.

Ils sont aveuglés par la philosophie hypocrito-égoïste de qui veut la fin, doit faire fi de la nature des moyens.

Alors ils tirent. Ils brulent toute la patrie, pourvu qu’eux réussissent. Un peu comme l’âne qui pense: « Si je m’abreuve, que le puits s’effondre. » 

La mine de l’esclavage étant surexploitée, il fallait faire d’autres explorations et d’autres recherches « scientifiques ». Le racisme est de mode. Les Kurdes, le soudan, les Rohingas, l’Afrique du sud, sont exemples « rassurants » de la réussite de motivations. Al hamdulillah, le « sursol » de notre pays est riche en minerai humain. Si l’esclavage chez les maures s’épuise, il reste encore les trésors de celui des autres ethnies : soninkés, peuls, wolofs…

Tout le cortège fait semblant de ne pas faire semblant. Et le drame perdure. Messires, qu’est ce que vous avez fait pour ce pays?????

Qu’est ce que vous avez donné à ces citoyens, qui vous regardent « manger » leur dû? Qu’est ce que vous avez appris à ces incrédules, qui au moindre coup de vents sortent de leurs tanières, pour vous applaudir, célébrer vos prouesses et vous acclamer, scandant vos louanges comme des libérateurs venus du ciel?

Calculez !!! Qu’avez-vous fait à la Mauritanie? Qu’avez-vous donné de vos richesses (machallah), transfrontalières, qui puisent leur origine dans ce qu’Allah leur a donné?

Et cette zizanie, qui vous sert de toile de fond pour peindre les noirs desseins de ce pays, ne craignez-vous pas qu’elle soit un jour le sort qui se retournera contre le sorcier?

Si notre esclavage a besoin de SOS, ou de « au secours« , pourquoi la tache ne revient pas à ceux dont le devoir est de « détacher » et d’effacer les taches ? Et pourquoi ces taches séculaires qui salissent le nom de toute une nation, n’ont-elles pas été les priorités des priorités pour nettoyer le terrain sur lequel nous voulons bâtir l’avenir de nos enfants?

Si les FLAM sont des citoyens et des frères, qui sont en même temps, nos rivaux au cours de nos aveux, nos accusations et nos coups bas, internationaux, pourquoi ne pas en faire une discussion interne prioritaire franche et fraternelle? Et ne pas déranger les autres avec nos « différences » portées partout, en bandoulière, comme une arme en panne.

Pourquoi mettre en suspend un problème qui s’amplifie de jour en jour pour gagner des proportions apocalyptiques qui échapperont un jour à notre control?

Pourquoi donner aux organisations internationales le pinceau avec lequel elles badigeonnent notre visage à la guise de personnes qui souvent désœuvrées, inventent tout pour se faire une célébrité, ou plus simplement un peu d’argent? Les discours, messires. Vos discours sont souvent plus dangereux qu’une bombe atomique.

En 1989 des dizaines voire des milliers d’innocents ont été sacrifiés de manière inattendue, soudaine et brutale; des deux cotés de la frontière. Des morts violentes et horribles, qui ont servies par la suite de matière première pour les commerçants de l’histoire, des compensations des sorties journalistiques spectaculaires des dommages et intérêts et de science naturelle de l’hypocrisie. Mais surtout de syllabaire pour les discoureurs de la discorde.

Tout le monde « profite » d’une façon ou d’une autre de cette industrie macabre, saufs ceux qui ont faim ou ceux qui vont mourir. Les mots, les discours et les plumes sont parfois plus mortels que le glaive. Le vrai criminel n’est pas celui qui ôte une vie, mais bien le programmateur des boucheries, qui, on le voit, sont devenues le lot quotidien de populations lamentablement paumées, dont l’ignorance prête à tout genre de manipulation.

Il est permis de conclure que ces hontes entretenues et nourries, ne sont là que pour donner raison à une pagaille sans nom, de luttes sournoises, dont les premiers objectifs ne sont autres que feints, pour des défenses feintes, d’un peuple qui ne peut feinter une ruse politico-machiavélique, qu’il ne comprend pas et qui lui broie le destin. Des échauffourées tantôt ardentes, tantôt paresseusement lâches, dont le rôle est d’entretenir une raison quelconque, pour le but de quiconque veut se faire entendre, se faire élire, ou se faire nommer.

Nous n’avons aucune différence avec le Sénégal, le Maroc ou le Botswana. Aucune différence avec nos couleurs, ou nos langues. Notre problème principal est représenté par cette industrie, du sous-développé, du sous-instruit, du sous-moral, de la sous-vergogne, de la sous-conscience, de la sous-pitié, de la sous-miséricorde, de la sous-responsabilité, des sous-sous, des sous-fifres; qui furette dans toutes les poubelles sociales, non pas pour assainir, mais pour produire un peu plus de m… Voilà la VRAIE vérité.

Cette poule aux œufs puant la charogne, mais dorés en surface, ne doit jamais mourir. Elle ravitaille les poches et chatouille les dignités primitives. Le peuple figé dans son coma traditionnel, lorgne du coté du clan de la tribu, de l’ethnie, de la « bande » et bientôt de la secte.

Qu’y a-t-il de plus perdant qu’un système, qui sacrifie, l’appartenance nationale au profit du tribalisme, du clanisme du racisme et de partis politiques, dont les visées perverses ne sont un secret pour personne.

Vous pouvez nager tant que vous voulez dans vos calculs sur mesure, et perdus à l’avance. Mais le monde n’attend pas. Nous sommes dans toutes les bouches. Et plutôt dans les mauvaises que les bonnes.

D’autres peuples ont opté pour la dissension, les divergences, la polémique, la haine et la division. Leurs images sont restées, dressées comme des spectres. Des statuts figées pour rappeler à ceux qui veulent voir ou entendre, que jongler avec la paix est la porte la plus grandement ouverte sur l’antre de l’Enfer. Si urgence est de promulguer une loi, ce sera bien celle de poursuivre ces crimes feutrés, incolore et inodore, qui écrasent des milliers avec des gants douillets, et dans le silence.

Ceci n’est qu’un rappel. Le rappel profite aux croyants.

Mohamed Hanefi. Koweït.