Académie des Entreprises : Sortie de la 1ère promotion de maçons tradi-modernes en bâtiment-terre

Cérémonie de sortie de la 1ère promotion de l'Académie des Entreprises (Crédit photo : Aidara)

Le Centre de formation et de perfectionnement professionnel (CFPP) de Nouakchott a abrité le vendredi 28 juillet 2017, la sortie de la 1ère promotion d’Entrepreneurs spécialisés dans un type de bâtiments qui allient le savoir traditionnel ancestral et les techniques modernes de construction. Cette session qui a duré deux mois, a été organisée par le projet PECOBAT du Bureau International du travail (BIT) avec le financement de l’Union Européenne.

Cérémonie de sortie de la 1ère promotion de l’Académie des Entreprises (Crédit photo : Aidara)

Quelques 25 stagiaires issus d’entreprises BTP de Nouakchott mais aussi de l’intérieur du pays ont reçu leurs certificats de fin de formation, au cours d’une cérémonie tenue dans la salle destinée aux élèves électriciens du CFPP, pour que le contenant puisse épouser le contenu.

Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion, M. Hans-Christian Beaumond, Chef de Coopération à la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, a souligné que «l’emploi constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs partout dans le monde, plus particulièrement en Afrique et en Mauritanie», ce qui en fait une priorité aussi bien pour l’Organisation des Nations Unies que pour l’Union Européenne. L’accès à l’emploi, permet selon lui, de créer des marchés et de créer des emplois, dans un cercle vertueux qui participe au développement des nations. D’où les initiatives tendant à renforcer et à moderniser le secteur informel en soutenant les initiatives privées. L’idée du projet élaboré par le BIT et intitulé « Amélioration de l’employabilité des jeunes et des capacités des PME par le développement du sous-secteur du BTP en matériaux locaux et de la formation professionnalisante dans les chantiers écoles construction » dit PECOBAT entrerait dans ce cadre.

Ce projet vise, selon lui, à revaloriser le savoir et les techniques ancestraux de constructions à partir de matériaux locaux, en les associant à des techniques modernes, comme les études de marché et le calcul des coûts. M.Beaumond a mis en exergue l’avantage sur le plan environnemental de ce type de bâtiment, avec une faible empreinte carbone, sans compter son coût peu onéreux qui en facilite l’accès aux couches les plus faibles. La formation a ainsi tenu en compte, selon lui, l’aspect genre, avec la présence de femmes-entrepreneurs du BTP, lançant à l’adresse des participants «vous aurez à recevoir et à encadrer des jeunes pour les former» faisant allusion aux jeunes apprentis-maçons qui vont être formés au CFPP de Kaédi en bâtiments-terre et énergies renouvelables.

Un stagiaire recevant son certificat des mains du Chef de la coopération; M.Hans Beaumond (Crédit photo : Aidara)

Lui succédant, M.Sidi Mohamed Ould Cheikh, Coordinateur du PECOBAT, s’exprimant au nom du BIT, a rappelé que «l’Académie des Entreprises est une action de formation et de renforcement de compétences des Petites et Moyennes Entreprises (PME) nationales oeuvrant dans le domaine du BTP, notamment celles qui s’intéressent à la construction en utilisant les matériaux locaux». Cette formation s’inscrit, selon lui, dans l’objectif du PECOBAT exécuté par le BIT et financé par l’Union Européenne (UE), et qui contribue à l’atteinte des résultats escomptés par le Fonds fiduciaire d’urgence dans la région du Sahel et du lac Tchad, financé par l’UE. Il s’agit, rappelle-t-il, de «contribuer à la stabilité régionale et à une meilleure gestion des migrations, en s’attaquant aux causes profondes d’instabilité, de déplacements forcés de populations et de migration irrégulière, en accroissant les opportunités économiques, l’égalité de chances, la sécurité et le développement».

Sidi Mohamed Ould Cheikh a souligné que l’objectif de cette formation, «en plus du renforcement des compétences du personnel des entreprises mauritaniennes, était de cibler les PME nationales avec qui le PECOBAT est appelé à collaborer». Ainsi, ceux qui «construiront les premières écoles déjà identifiées à Sélibaby et à Kaédi, et qui seront chargés d’encadrer les stagiaires formés dans les chantiers-écoles, seront sélectionnés parmi les conducteurs issus de cette Académie des Entreprises» a-t-il indiqué.

Echantillon d’un mur construit en matériaux locaux avec décoration Walati (Crédit photo : Aidara)

 

Sidi Mohamed Cheikh (à gauche) et M.Hans Beaumond (au milieu) suivant les explications de Sergio (expert PECOBAT) Crédit photo : Aidara

Parlant au nom du Directeur du CFPP absent, l’un des cadres de l’établissement a dit tout l’honneur qu’ils ressentent d’abriter une telle session dont le contenu sera intégré, dira-t-il en substance, dans leur curricula. Il a loué les excellents rapports qui ont toujours lié CFPP aux partenaires comme l’Union Européenne et le BIT, rappelant que le centre a été d’ailleurs construit grâce à l’appui du BIT.

Le représentant des stagiaires a exprimé pour sa part la satisfaction de ses collègues qui, dira-t-il, «ont apprécié cette formation à sa juste valeur pour plusieurs raisons», citant entre autres le fait qu’elle leur a permis «d’acquérir de nouvelles compétences, comme l’étude d’un dossier d’appel d’offres DAO, la gestion financière et administrative d’un chantier, la planification, l’étude d’un prix de revient et de vente», mais aussi des compétences techniques, comme «l’identification des types de terre, les techniques de construction comme le STC ». Il a également loué l’apport «de gens venus de Walata et les femmes de Jabina qui leur ont exposé leurs connaissances de l’utilisation de la terre en mode traditionnelle, ainsi que les techniques de décoration et de finition».

La cérémonie s’est achevée par la remise des certificats et la visite de l’atelier où plusieurs prototypes de construction en terre ont été présentés.

Cheikh Aïdara

Témoignagne d’Ahmed Ould Awbek, «Général service» BTP

Ahmed Awbeck (en costume noir) recevant son prix. Crédit photo : Aidara

«Cette session était très intéressante, dans la mesure où nous avons beaucoup appris durant les deux mois de formation, comme le dessein, la planification, le calcul des coûts, le DAO, sans compter les compétences en technique de construction, notamment le mélange des balles de riz, de la paille, avec la terre, le ciment et le gravier. L’objectif selon moi de cette formation est de donner la chance aux entrepreneurs locaux de pouvoir rester chez eux, en toute indépendance, car les matériaux dont ils ont besoins sont disponibles au niveau local. L’autre objectif est de prémunir les jeunes contre l’immigration et l’exode rural ».